M42, la nébuleuse d’Orion : ma première claque avec le Vespera 2

Première observation au Vespera 2 · Nébuleuse en émission · Constellation d’Orion

Je venais de recevoir le Vespera 2 en cadeau et, autant le dire tout de suite, je n’avais aucune envie d’attendre. Le montage a été rapide. Le ciel était suffisamment dégagé et je trépignais de plaisir, de curiosité et d’envie de commencer.

Ma première cible devait être la « comète du Diable », la fameuse 12P/Pons-Brooks dont on parlait beaucoup à ce moment-là. Je ne l’ai pas trouvée dans les objets proposés par l’application. J’ai ensuite cherché Jupiter, pourtant bien visible les nuits précédentes, mais sans succès cette fois-là. Il me fallait donc un plan B.

Ce plan B fut la nébuleuse d’Orion. Et, finalement, je ne pouvais sans doute pas mieux choisir pour comprendre ce que ce télescope allait changer dans ma façon d’observer.

La nébuleuse qui apparaît peu à peu

Trop impatiente, je n’avais pas remarqué qu’un temps d’observation était indiqué. J’ai lancé l’acquisition directement. Sur la première image, j’étais à la fois heureuse de regarder quelque chose d’aussi lointain et un peu dubitative : je voyais bien des points lumineux, mais où était donc la nébuleuse d’Orion ?

Puis une deuxième image est venue se superposer à la première. Le résultat est devenu plus net et la nébuleuse a commencé à apparaître. Là, ce fut un vrai « wahou ». Une petite claque.

Je n’ai pas laissé le télescope travailler assez longtemps pour obtenir une image très détaillée. Je découvrais encore le principe de l’empilement et, forcément, mon impatience avait pris le dessus. Mais j’avais obtenu ma première image du ciel profond avec le Vespera 2.

Première observation de la nébuleuse d’Orion avec le Vespera 2
Ma première image de M42 avec le Vespera 2.

Carte d’identité de M42

  • Type d’objet : nébuleuse en émission et région de formation d’étoiles
  • Noms : Messier 42, M42, NGC 1976 ou grande nébuleuse d’Orion
  • Constellation : Orion
  • Distance : environ 1 500 années-lumière
  • Magnitude apparente : environ 4
  • Taille du nuage : environ 24 années-lumière
  • Meilleure saison depuis la France : l’hiver, avec des conditions particulièrement favorables autour de janvier
  • Où la chercher : sous les trois étoiles alignées de la ceinture d’Orion, dans ce que l’on appelle son épée

Qu’observe-t-on exactement ?

M42 est un immense nuage de gaz et de poussières dans lequel de nouvelles étoiles se forment. C’est la grande région de formation d’étoiles la plus proche de la Terre. Sous un ciel suffisamment sombre, elle est même perceptible à l’œil nu comme une petite tache floue sous la ceinture d’Orion.

Au centre se trouve le Trapèze, un petit amas de jeunes étoiles massives disposées selon une forme proche d’un trapèze. Leur rayonnement ultraviolet ionise le gaz environnant et le fait briller. Leurs vents et leur rayonnement creusent aussi une cavité dans le nuage et modifient les régions où d’autres étoiles sont encore en train de naître.

Autrement dit, lorsque nous regardons Orion, nous n’observons pas seulement un joli nuage coloré : nous regardons une véritable pouponnière d’étoiles.

Pourquoi parle-t-on d’une nébuleuse en émission ?

Une nébuleuse en émission produit sa propre lumière visible. Les étoiles très chaudes présentes dans M42 fournissent assez d’énergie pour ioniser le gaz. Lorsque les atomes libèrent ensuite cette énergie, ils émettent de la lumière à des longueurs d’onde particulières, notamment celles de l’hydrogène et de l’oxygène.

C’est précisément pour cette raison qu’un filtre Dual Band peut être utile : il privilégie certaines de ces émissions tout en réduisant une partie de la lumière parasite.

Une nouvelle tentative avec le filtre Dual Band

Plus tard, j’ai repris M42 avec davantage de temps, puis je l’ai observée à nouveau après avoir reçu le filtre Dual Band. Il était assez logique de retourner vers la toute première cible de mon Vespera.

Cette fois, j’ai laissé l’observation se poursuivre pendant environ 28 minutes. Le filtre a permis de renforcer les émissions de la nébuleuse et de mieux faire ressortir ses structures. La différence avec ma toute première tentative était évidente : j’avais un meilleur outil, mais surtout un peu plus de patience et de compréhension.

Nébuleuse d’Orion photographiée avec le Vespera 2 et le filtre Dual Band
M42 reprise plus longtemps avec le filtre Dual Band.

Une image plus récente, retravaillée

Depuis cette première expérience, je suis revenue vers Orion avec davantage de pratique. Cette nouvelle version, retravaillée à partir d’une observation plus récente, montre le chemin parcouru depuis mes tout premiers essais.

La nébuleuse d’Orion M42 dans une version retravaillée
M42, la nébuleuse d’Orion — version retravaillée d’une observation plus récente.

Orion dans la mythologie

Dans la mythologie grecque, Orion est un chasseur gigantesque, célèbre pour sa force et son orgueil. Les récits divergent sur sa mort, mais beaucoup racontent qu’il fut tué par un scorpion. Dans le ciel, Orion et le Scorpion semblent d’ailleurs se poursuivre sans jamais vraiment se rencontrer : lorsque l’un se lève, l’autre disparaît sous l’horizon.

La nébuleuse M42 se situe dans l’épée suspendue à la ceinture du chasseur. Les Mayas associaient quant à eux cette région à un feu cosmique de la création, une image étonnamment juste pour un lieu où naissent réellement des étoiles.

Ce que cette première observation m’a appris

Tout faire depuis un téléphone ou une tablette est assez particulier. On peut rester au chaud pendant que le télescope travaille dehors, et même lui demander de se refermer à distance. C’est pratique, mais différent du plaisir que l’on ressent lorsqu’on trouve soi-même une cible avec un instrument classique.

Je n’ai finalement pas envie de choisir entre les deux. Le télescope classique garde ce côté direct, avec la satisfaction d’avoir navigué seule dans le ciel. Le Vespera me permet, lui, d’observer des objets qui m’étaient jusque-là beaucoup moins accessibles et d’en révéler progressivement les détails.

Surtout, les noms proposés dans l’application m’ont donné envie de comprendre ce que je regardais : pourquoi certaines nébuleuses brillent, pourquoi d’autres sont sombres, comment naissent les étoiles… Cette première soirée devant M42 a donc marqué le début de quelque chose.

À retenir

La nébuleuse d’Orion est l’une des meilleures portes d’entrée vers le ciel profond : facile à repérer, proche à l’échelle galactique et riche en étoiles en formation.

La question des Curieux

Quel objet du ciel vous a donné, pour la première fois, cette impression de regarder beaucoup plus loin que prévu ?

Pour aller plus loin

Pour distinguer nébuleuses, amas stellaires et galaxies, consultez aussi le guide Le ciel profond pour débuter.

Sources

Images : Les Curieux du Réel.

M43 dans le même champ

La même photographie montre aussi M43, la nébuleuse de De Mairan, visible juste au-dessus de M42 et séparée d’elle par une bande sombre de poussière.


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