Nébuleuse du Pélican IC 5070, recadrée à droite d'une photographie du complexe NGC 7000–IC 5070 réalisée au Vespera 2

IC 5070, la nébuleuse du Pélican : ce que cachent les nuages sombres

Le 14 mai 2025, j’ai photographié une vaste région du Cygne avec mon Vespera 2. J’y cherchais notamment NGC 7000, la nébuleuse de l’Amérique du Nord. Mais sur la droite de l’image, une autre structure rougeâtre mérite que l’on s’y attarde : IC 5070, la nébuleuse du Pélican. J’ai donc isolé cette seconde région par un simple recadrage, avant de replacer les deux nébuleuses sur une vue d’ensemble annotée. La bande sombre qui les sépare pose alors une question : qu’y a-t-il réellement dans cette zone apparemment noire ?

Zoom photographique sur IC 5070, la nébuleuse du Pélican, extrait de la partie droite de la photographie personnelle NGC 7000–IC 5070
IC 5070, la nébuleuse du Pélican. Recadrage réel de ma photographie du 14 mai 2025 au Vespera 2 : filtre Dual Band, 713 poses de 10 secondes, Lune éclairée à 98 %. Les couleurs avaient été ajustées dans la version source ; aucun contenu n’a été généré par IA.

Où se trouve le Pélican ?

IC 5070 se situe dans la constellation du Cygne, près de Deneb et tout à côté de la nébuleuse de l’Amérique du Nord (NGC 7000). Les deux sont des régions d’émission appartenant au même grand complexe de formation d’étoiles. La NASA les situe à environ 1 500 années-lumière, une estimation à retenir comme un ordre de grandeur plutôt que comme une mesure exacte. Source : NASA, Astronomy Picture of the Day.

Le surnom de « Pélican » vient d’une ressemblance que l’on peut reconnaître dans certaines orientations et certains cadrages. Sur ma photographie d’ensemble, je reconnais plus facilement une région lumineuse bordée de poussières qu’une silhouette d’oiseau très nette. C’est une bonne raison de ne pas forcer les contrastes simplement pour retrouver une forme connue.

Photographie personnelle annotée : NGC 7000 à gauche, IC 5070 la nébuleuse du Pélican à droite, et nuages sombres entre les deux. NGC 7000 ↘
Amérique du Nord
IC 5070 ↓
Pélican
Nuages
sombres
Repères indicatifs sur la photographie personnelle du 14 mai 2025 : NGC 7000 à gauche, IC 5070 à droite. Les zones sombres sont dues notamment à la présence de poussières interstellaires. Les textes sont superposés à l’affichage ; la photographie d’origine n’a pas été modifiée par IA.

Ce qui paraît noir n’est pas forcément vide

Entre le Pélican et l’Amérique du Nord, une région sombre forme une séparation spectaculaire. Elle n’est pas une absence de matière : il s’agit de poussières interstellaires, mêlées à du gaz, qui absorbent et dispersent une partie de la lumière provenant de l’arrière-plan. Nous observons ainsi une silhouette sombre sur un fond de gaz émetteur de lumière. Source : NASA, présentation d’IC 5070 du 7 septembre 2026.

Ces poussières ne dessinent pas les frontières réelles, bien découpées, de deux objets totalement indépendants. Elles masquent une partie d’une région de gaz beaucoup plus vaste. C’est notre point de vue qui crée l’impression de deux figures distinctes.

Des étoiles jeunes qui transforment leur environnement

Le Pélican est une région où se forment des étoiles. Les plus massives émettent un rayonnement ultraviolet intense, capable d’ioniser l’hydrogène voisin. Le gaz réémet alors de la lumière, notamment dans la raie H-alpha, située dans le rouge. Entre le gaz froid et le gaz ionisé, les astronomes étudient des fronts d’ionisation : des zones de transition où le rayonnement des étoiles modifie progressivement le milieu. Source : NASA.

Une photographie amateur comme la mienne ne suffit pas à déterminer la température, la densité ou la vitesse d’avancement de ces fronts. Elle offre plutôt une première occasion d’en chercher les formes et d’aller consulter des observations plus détaillées.

Une photographie réalisée sous une Lune presque pleine

J’ai enregistré 713 poses de 10 secondes avec le Vespera 2 et un filtre Dual Band, alors que la Lune était éclairée à 98 %. Ce filtre privilégie notamment les émissions H-alpha et O-III, ce qui peut aider à faire ressortir une nébuleuse en émission sur un fond de ciel lumineux. Mais il ne remplace pas un ciel parfaitement sombre : la position de la Lune, la transparence de l’atmosphère et les réglages de traitement peuvent aussi intervenir. Source technique : Vaonis.

J’ai conservé deux versions : celle issue de l’empilement initial et une version que j’ai éclaircie et retravaillée. Les différences entre ces deux images montrent surtout combien le réglage du contraste rend les nébuleuses plus faciles à lire, tout en pouvant faire ressortir le bruit. Il ne s’agit pas de deux observations différentes, et cette comparaison ne mesure pas isolément l’effet du filtre.

Pour comparer la version initiale, plus sombre, et celle dont les couleurs ont été retravaillées, voir aussi l’article consacré à NGC 7000, photographiée au cours de cette même séance. J’ai volontairement conservé ici le gros plan sur le Pélican et la vue d’ensemble annotée, afin que les deux articles se complètent plutôt que de reproduire les mêmes images.

Mon carnet d’observation

  • Objet : IC 5070, nébuleuse du Pélican, photographiée dans le même champ que NGC 7000.
  • Constellation : le Cygne.
  • Date : 14 mai 2025.
  • Instrument : Vaonis Vespera 2.
  • Filtre : Dual Band, centré sur H-alpha et O-III.
  • Acquisition : 713 poses de 10 secondes, soit 1 h 58 min 50 s.
  • Lune : 98 % d’illumination.
  • Traitement : version initiale et version retravaillée par l’autrice, sans génération d’image par IA.
  • À compléter : conditions locales du ciel et réglages précis des retouches.

À retenir

  • IC 5070 est une région de formation d’étoiles dans la constellation du Cygne.
  • Des poussières sombres masquent une partie de la lumière et contribuent à dessiner la silhouette du Pélican.
  • Le gaz ionisé émet notamment de la lumière H-alpha, utile en astrophotographie avec un filtre Dual Band.
  • Une retouche peut rendre la photographie plus lisible sans créer de nouveaux détails ; il faut toujours distinguer ce qui est observé de ce qui est interprété.

Les deux nébuleuses dans le même champ : pour retrouver la silhouette du continent et comprendre pourquoi le rouge domine, lire aussi mon observation de NGC 7000, la nébuleuse de l’Amérique du Nord.

Ai-je bien compris ?

Trois questions pour progresser à votre rythme. Touchez chaque réponse pour faire apparaître son explication.

Découverte

Quelle région du ciel abrite IC 5070 ?

La constellation du Cygne

Bonne réponse. Exact. IC 5070 se trouve près de NGC 7000 dans le Cygne.

La constellation d’Orion

À revoir. Orion abrite d’autres régions de formation d’étoiles, mais pas IC 5070.

La galaxie d’Andromède

À revoir. Non, le Pélican se trouve dans notre Voie lactée.

Compréhension

Pourquoi une bande sombre sépare-t-elle visuellement le Pélican et l’Amérique du Nord ?

Parce qu’il n’existe aucune matière à cet endroit

À revoir. Au contraire, les nuages sombres contiennent du gaz et des poussières.

Parce que des poussières masquent une partie de la lumière située derrière elles

Bonne réponse. Oui. Une nébuleuse sombre peut être riche en matière.

Parce que le filtre Dual Band efface des étoiles

À revoir. Le filtre sélectionne certaines longueurs d’onde ; la structure sombre est une région physique de poussières.

Esprit critique

Peut-on mesurer la vitesse d’un front d’ionisation à partir de cette seule photographie ?

Oui, le rouge indique directement une vitesse

À revoir. La couleur enregistrée ne permet pas de calculer une vitesse.

Non : il faudrait d’autres données ou mesures adaptées

Bonne réponse. Exact. Une seule image peut suggérer des structures, mais pas déterminer seule leur évolution.

Oui, parce qu’il y a 713 poses

À revoir. Le nombre de poses renseigne sur l’acquisition, pas directement sur l’évolution du gaz.

Ces questions ne produisent ni note ni suivi individuel : aucune réponse n’est enregistrée.

Sources et prolongements


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Commentaires

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