Champ d’étoiles photographié au Vespera 2 dans lequel la nébuleuse de l’Anneau M57 est à peine visible

M57, la nébuleuse de l’Anneau : les derniers souffles d’une étoile

Observée le 14 septembre 2024 · Nébuleuse planétaire · Constellation de la Lyre

Au premier regard, M57 ressemble à un minuscule anneau perdu au milieu des étoiles. Pourtant, ce petit cercle lumineux raconte quelque chose de gigantesque : la fin de vie d’une étoile qui ressemblait autrefois à notre Soleil.

Mon observation

J’ai observé M57 le 14 septembre 2024, sous un ciel clair, pendant mes premières explorations du ciel profond avec le Vespera 2. L’objet est petit : il faut le grossir pour distinguer sa forme d’anneau et ne pas le confondre avec une étoile légèrement floue.

Cette observation a été réalisée le 14 septembre 2024 : 192 images ont été empilées pendant environ 32 minutes. La Lune était éclairée à 85 %, donc presque pleine. Cette forte luminosité lunaire a probablement réduit le contraste et contribué à rendre cette petite nébuleuse difficile à distinguer.

Ce que montre ma photo

Champ d’étoiles photographié au Vespera 2 dans lequel la nébuleuse de l’Anneau M57 est à peine visible
Ma tentative d’observation de M57 : la nébuleuse est là, mais elle reste minuscule dans le champ d’étoiles.

Sur mon image, M57 est bien présente, mais elle reste minuscule et se confond presque avec les étoiles du champ. Le pointage semble correct et les étoiles sont reconnaissables ; la principale difficulté vient surtout de la très petite taille apparente de la nébuleuse. Le fond de ciel est également assez bruité et le contraste demeure faible.

Une acquisition plus longue, puis un recadrage serré et un traitement mesuré, permettraient probablement de mieux faire ressortir l’anneau. Mais un recadrage ne peut pas créer les détails absents de l’image d’origine : cette première tentative montre honnêtement les limites de la séance. Plus bas, l’image de Hubble sert de référence scientifique pour révéler la structure que mon observation permet seulement de deviner.

Nouvelle tentative au filtre dual-band

La nébuleuse de l’Anneau M57 photographiée au Vespera 2 avec un filtre dual-band, au centre d’un large champ d’étoiles
M57 photographiée au Vespera 2 avec un filtre dual-band le 5 octobre 2026 : près de 500 images empilées pendant 1 h 20 min 50 s. La Lune, en dernier croissant, était éclairée à environ 26 %.

Le 5 octobre 2026, j’ai repris M57 avec le Vespera 2 et un filtre dual-band. Ce type de filtre laisse principalement passer deux émissions caractéristiques des nébuleuses : celle de l’hydrogène alpha et celle de l’oxygène doublement ionisé. Il aide ainsi l’anneau à mieux se détacher du fond du ciel, sans modifier sa taille apparente.

Après 1 h 20 min 50 s d’intégration, la nébuleuse est bien enregistrée, mais elle reste minuscule dans le champ. Une pose totale plus longue améliore le rapport signal sur bruit ; elle ne grossit pas l’objet sur le capteur. Avec la focale du Vespera 2, M57 n’occupe que peu de pixels. Un recadrage peut la rendre plus visible à l’écran, mais il n’ajoute pas les détails qui n’ont pas été enregistrés.

Cette tentative n’est donc pas un échec. Elle montre la différence entre gagner du signal et gagner en résolution. Pour détailler davantage la structure de M57, il faudrait surtout une focale plus longue et une échelle d’image mieux adaptée à sa très petite taille apparente.

Carte d’identité

  • Nom scientifique : Messier 57 ou NGC 6720
  • Noms courants : nébuleuse de l’Anneau ou nébuleuse de la Lyre
  • Type d’objet : nébuleuse planétaire
  • Constellation : la Lyre
  • Distance : environ 2 000 années-lumière
  • Diamètre de l’anneau principal : environ une année-lumière
  • Magnitude apparente : environ 8,8
  • Découverte : Antoine Darquier de Pellepoix, en 1779
  • Meilleure période depuis la France : l’été et le début de l’automne

Une nébuleuse planétaire… sans planète

Le nom est trompeur : M57 n’a rien à voir avec une planète. Les premiers astronomes qui observaient ces objets dans de petits instruments les trouvaient ronds et flous, un peu comme le disque d’une planète. Le terme est resté.

Une nébuleuse planétaire apparaît lorsqu’une étoile de masse faible ou moyenne arrive à la fin de sa vie. Après être devenue une géante rouge, elle expulse progressivement ses couches externes. Son cœur, très chaud, reste au centre : il évolue vers une naine blanche et émet un rayonnement ultraviolet qui ionise le gaz éjecté. C’est ce gaz excité qui devient lumineux.

Cette étape est brève à l’échelle de l’Univers : après quelques dizaines de milliers d’années, le gaz se disperse dans l’espace et la nébuleuse finit par s’effacer. Elle restitue alors au milieu interstellaire une partie de la matière qui pourra, bien plus tard, participer à la formation de nouvelles étoiles et de nouvelles planètes.

Un anneau qui n’est pas vraiment un anneau

M57 donne l’impression d’être un cercle creux. En réalité, sa structure est tridimensionnelle et beaucoup plus complexe. Les observations de Hubble montrent une sorte de tonneau ou de cylindre de gaz que nous regardons presque dans l’axe. L’« anneau » correspond donc aux bords les plus denses et les plus lumineux de cette enveloppe.

La nébuleuse de l’Anneau M57 observée par le télescope spatial Hubble
M57 observée par le télescope spatial Hubble. Crédit : NASA, ESA et Hubble Heritage (STScI/AURA)–ESA/Hubble Collaboration.

Que représentent ses couleurs ?

Sur l’image de Hubble, le bleu profond au centre correspond principalement à l’émission de l’hélium très chaud. Les teintes plus claires de la région interne traduisent notamment la présence d’hydrogène et d’oxygène ionisés. Vers l’extérieur, les tons rouges et orangés sont associés à l’azote et au soufre.

Ces couleurs ne sont donc pas une simple décoration : elles aident les astronomes à distinguer les éléments chimiques et les différentes zones de température. Une image obtenue avec un télescope amateur ou un télescope intelligent peut cependant avoir un rendu différent selon le capteur, les filtres et le traitement appliqué.

Où et quand chercher M57 ?

M57 se trouve dans la constellation de la Lyre, entre les étoiles Sheliak et Sulafat, qui forment le bas du petit parallélogramme de la constellation. Véga, très brillante, permet de repérer facilement la Lyre. Depuis la France, la nébuleuse est particulièrement intéressante pendant les nuits d’été et reste observable au début de l’automne. Elle monte alors assez haut dans le ciel, ce qui limite l’épaisseur d’atmosphère traversée par sa lumière.

Sa magnitude de 8,8 la rend inaccessible à l’œil nu, mais elle peut être observée avec un télescope. Visuellement, elle reste petite et peu colorée ; la photographie et l’empilement d’images révèlent davantage sa structure.

La Lyre dans la mythologie

Dans la mythologie grecque, la constellation représente souvent la lyre d’Orphée. La musique du poète était réputée si belle qu’elle pouvait émouvoir les êtres humains, les animaux et même les pierres. Après sa mort, sa lyre aurait été placée dans le ciel. M57 se cache ainsi au cœur d’une constellation associée à la musique et au pouvoir des récits.

À retenir

M57 n’est pas un anneau plat ni le reste d’une planète : c’est l’enveloppe de gaz rejetée par une étoile mourante, vue presque dans son axe.

La question des Curieux

Si notre Soleil connaît un jour une phase comparable, à quoi ressemblera la nébuleuse qu’il laissera derrière lui ?

Pour replacer M57 parmi les autres familles d’objets, consultez aussi le guide du ciel profond pour débuter.

Sources


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